Depuis l’arrêt du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) en novembre 2025, le parcours vers la résidence permanente a changé pour de nombreux immigrants francophones établis au Québec. Plusieurs d’entre eux, qui envisageaient de s’y installer à long terme, examinent désormais d’autres options ailleurs au Canada.
Le programme fédéral « Entrée express » apparaît aujourd’hui comme l’alternative la plus accessible. Il permet de présenter une demande de résidence permanente pour toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception de la province de Québec, qui gère son propre système de sélection.
Des candidats confrontés à une nouvelle réalité
Au cours des derniers mois, des immigrants ayant travaillé et vécu au Québec pendant plusieurs années se sont retrouvés sans solution directe pour obtenir leur résidence permanente par le PEQ. Cette situation a modifié leurs projets.
Xavier Hamel, avocat associé au cabinet Langlois, explique au site Le Devoir, que les discussions avec ses clients ont évolué. Il précise qu’il aborde désormais avec eux la possibilité de s’établir au Québec ou de choisir une autre province. Cette réflexion intervient lorsque les candidats souhaitent poursuivre leur projet d’immigration au Canada malgré la fin du programme québécois.
« Entrée express » fonctionne avec un système de points. Les candidats sont évalués selon leurs compétences, leur niveau d’études, leur expérience professionnelle et leur maîtrise des langues officielles. Les personnes sélectionnées peuvent ensuite présenter une demande de résidence permanente dans une province autre que le Québec.
Progression des demandes hors Québec
Les données publiées par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) montrent une évolution récente. Entre 2024 et 2025, la proportion de francophones ayant obtenu la résidence permanente par « Entrée express » est passée d’environ 6 % à 9 %. Cette hausse reflète un intérêt accru pour ce programme fédéral.
Les provinces les plus choisies par les candidats francophones sont l’Ontario et le Nouveau-Brunswick. D’autres provinces et territoires accueillent également des nouveaux résidents francophones, même si les volumes varient selon les régions. « Entrée express » n’est pas un dispositif récent. Il existait déjà avant la fin du PEQ. La modification du programme québécois a simplement changé l’équilibre des choix pour certains candidats.
Des perspectives différentes selon les provinces
Pour les communautés francophones situées hors Québec, ces mouvements représentent une évolution notable. Kimberly Jean Pharuns, directrice générale de l’Observatoire en immigration francophone du Canada, indique que l’arrivée de francophones dans d’autres provinces peut soutenir la présence du français à l’échelle nationale.
Elle rappelle toutefois qu’une installation hors Québec suppose souvent une bonne maîtrise de l’anglais afin de faciliter l’accès au marché du travail. Tous les candidats ne disposent pas du même niveau linguistique, ce qui peut influencer leur décision finale.
Le gouvernement fédéral a annoncé que 5000 places seraient réservées en 2026 aux francophones souhaitant s’établir à l’extérieur du Québec. La ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a déclaré que l’objectif était d’augmenter la proportion de francophones au Canada d’ici 2029. Ces ajustements dans les programmes d’immigration redéfinissent les choix offerts aux candidats francophones. La résidence permanente reste accessible, mais les parcours varient désormais davantage selon la province envisagée.
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Source : ObservAlgerie