Les autorités algériennes ont procédé à l’ouverture exceptionnelle du poste-frontière entre l’Algérie et le Maroc, permettant le rapatriement de 22 migrants marocains. Cette mesure vise à faciliter le retour de migrants marocains en situation irrégulière, une démarche qui intervient dans un contexte de relations tendues entre les deux pays voisins.
Selon la presse marocaine, les 22 migrants, dont deux femmes, ont été remis aux autorités marocaines à travers le passage terrestre Colonel Lotfi, un poste-frontière habituellement fermé. Ce rapatriement fait suite à un précédent, le 16 décembre 2025, lorsque 16 autres migrants avaient déjà été renvoyés au Maroc. Les personnes concernées par ce rapatriement proviennent de plusieurs villes marocaines telles qu’Oujda, Fès, Tanger, Taza, Nador et Ait Melloul.
Ces jeunes étaient principalement des migrants en situation irrégulière, se trouvant dans une impasse entre rétention administrative et attente de leur retour dans leur pays. L’Association marocaine pour l’aide aux migrants en situation difficile (AMAM) suit actuellement plus de 500 cas de migrants, dont plus de 100 sont en cours de rapatriement.
Ouverture exceptionnelle du passage frontalière
L’ouverture de ce poste-frontière, bien que temporaire, est d’autant plus remarquable dans le contexte de la situation politique et diplomatique tendue entre le Maroc et l’Algérie. Depuis plusieurs années, les deux pays entretiennent des relations complexes marquées par la fermeture des frontières terrestres depuis 1994. Depuis cette date, les frontières entre les deux pays sont restées fermées.
La rupture des relations diplomatiques, déclarée officiellement en août 2021, a exacerbé les tensions entre les deux États. Cette rupture a été suivie par des actions symboliques, telles que la fermeture de l’espace aérien algérien aux avions marocains et la suspension de certaines collaborations bilatérales. Cependant, l’ouverture exceptionnelle du poste-frontière en février 2026 ne reflète aucun changement, mais il est seulement motivé par des préoccupations humanitaires liées aux migrants en situation irrégulière et à la nécessité de faciliter leur retour dans des conditions légales.
Une coopération bilatérale difficile mais nécessaire
Il faut souligner que l’ouverture temporaire du poste-frontière ne marque pas un changement dans la politique globale de l’Algérie, mais elle représente un geste humanitaire de la part des autorités algériennes. Cette mesure vise uniquement à permettre le rapatriement de migrants marocains en situation irrégulière, dans un cadre strictement administratif et humanitaire.
L’Algérie a clairement fait savoir qu’elle n’a aucune intention de reprendre des relations diplomatiques avec le Maroc à court terme, ni de rouvrir les frontières terrestres entre les deux pays, fermées depuis 1994. Au contraire, l’Algérie continue de maintenir sa position vis-à-vis du Maroc, en particulier après la rupture des relations diplomatiques en août 2021, suite à des différends politiques et sécuritaires persistants. Cette ouverture est une exception motivée par des considérations humanitaires liées à la situation des migrants marocains, et non par un désir de relancer les échanges bilatéraux ou de modifier la politique frontalière à long terme.
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Source : ObservAlgerie