Influenceur algérien sous OQTF, le tribunal ordonne de lui délivrer un titre de séjour

Le tribunal administratif de Grenoble a rendu une décision attendue dans le dossier d’un influenceur algérien visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Les juges ont annulé le refus de titre de séjour prononcé par la préfecture de l’Isère et ont ordonné à l’administration de lui délivrer un certificat de résidence dans un délai de deux mois.

L’homme concerné, Imad Ould Brahim, 32 ans, est connu sur les réseaux sociaux sous les pseudonymes Imad Tintin et « Blédard de luxe ». Installé à Échirolles depuis la fin de l’année 2021, il avait engagé des démarches pour régulariser sa situation au titre de sa vie familiale.

Un refus de séjour annulé par la justice administrative

Tout commence par un arrêté daté du 3 novembre 2025. La préfecture de l’Isère refuse alors de lui accorder un titre de séjour et lui notifie en parallèle une OQTF. Pour justifier sa décision, l’administration s’appuie sur le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Imad Ould Brahim conteste cette décision devant le tribunal administratif de Grenoble. Son argument repose sur un point précis : en tant que ressortissant algérien, il relève de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Ce texte encadre les conditions de séjour des citoyens algériens en France et prévoit la délivrance d’un certificat de résidence d’un an pour le parent d’un enfant français vivant sur le territoire.

Au moment de sa demande, Imad Ould Brahim est marié à une ressortissante française. En décembre 2024, le couple a un enfant, de nationalité française. Sur cette base, il sollicite un certificat de résidence portant la mention « vie privée et familiale » en qualité de « parent d’enfant français ».

Dans son jugement, le tribunal administratif de Grenoble estime que la préfecture a commis une « erreur d’appréciation ». Les juges considèrent que la situation devait être examinée à la lumière de l’accord franco-algérien et non uniquement au regard du droit commun applicable aux étrangers. L’arrêté préfectoral est donc annulé et l’administration se voit enjoindre de délivrer le titre de séjour demandé.

Condamné par la justice

Le dossier d’Imad Ould Brahim ne se limite pas à la question administrative. En janvier 2025, il est interpellé à la suite de propos diffusés sur TikTok. Dans un premier temps, les faits sont examinés sous l’angle d’une possible « provocation à un acte de terrorisme ».

L’affaire est jugée par le tribunal correctionnel de Grenoble, qui requalifie les faits en menaces. Imad Ould Brahim est condamné à une contravention de 3e classe et à une amende de 450 euros. En décembre 2025, la cour d’appel prononce une décision assortie d’un sursis.

Ces éléments figurent dans son dossier lorsque la préfecture examine sa demande de titre de séjour. Le tribunal administratif de Grenoble relève toutefois que la situation personnelle et familiale du demandeur doit être appréciée dans son ensemble, conformément aux règles spécifiques prévues par l’accord franco-algérien de 1968.

À la suite de la décision rendue le 25 février 2026, la préfecture de l’Isère dispose d’un délai de deux mois pour délivrer le certificat de résidence. Elle conserve la possibilité de faire appel devant la cour administrative d’appel compétente.

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Source : ObservAlgerie

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