Les tensions en Moyen-Orient et la hausse des prix du gaz sur les marchés internationaux poussent l’Italie à ajuster rapidement sa stratégie d’approvisionnement. Face aux perturbations qui affectent le gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar, Rome se tourne vers une solution plus stable : renforcer les livraisons par gazoduc, notamment depuis l’Algérie.
Aujourd’hui, 33,6 % du GNL importé par l’Italie provient du Qatar. Les restrictions liées à la situation régionale et les difficultés de navigation dans le détroit d’Hormuz ont réduit la visibilité sur ces flux. Dans ce contexte, le gouvernement italien privilégie des circuits terrestres afin de sécuriser les volumes nécessaires au pays.
Des discussions techniques pour augmenter les volumes
Une réunion s’est tenue à Rome sous la direction de Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres italien. Autour de la table figuraient les dirigeants de Eni, groupe énergétique italien actif dans l’exploration et la production d’hydrocarbures, ainsi que de Snam, société responsable du réseau de transport de gaz en Italie. Les échanges ont porté sur les marges de manœuvre disponibles et sur l’impact direct des tensions internationales sur le marché intérieur.
L’option la plus concrète concerne le Trans-Méditerranéen Pipeline. Ce gazoduc relie les gisements algériens au territoire italien en passant par la Tunisie. En 2025, plus de 20 milliards de mètres cubes ont transité par cette infrastructure. Les autorités italiennes étudient désormais la possibilité d’augmenter ce volume pour atteindre une fourchette comprise entre 30 et 35 milliards de mètres cubes par an, si les capacités techniques le permettent.
Du côté algérien, les exportations sont assurées par Sonatrach, entreprise publique chargée de la production et de la commercialisation des hydrocarbures. Sonatrach fournit déjà l’Italie à la fois par gazoduc et par cargaisons de GNL. L’ajustement envisagé concerne surtout les flux acheminés par pipeline, jugés plus prévisibles dans le contexte actuel.
Les discussions portent sur des éléments concrets : capacités disponibles, contraintes techniques, calendrier et engagements contractuels. Il ne s’agit pas d’un changement structurel immédiat, mais d’un ajustement progressif en fonction des besoins.
Les prix explosent
Sur les marchés, les premières estimations évoquent une hausse possible d’environ 20 % du prix du gaz. Le baril de Brent a dépassé les 82 dollars. Pour les ménages italiens, certaines simulations indiquent une augmentation annuelle moyenne de 121 euros pour le gaz et de 45 euros pour l’électricité.
La Commission européenne a convoqué le groupe de coordination pour l’approvisionnement en gaz de l’Union européenne afin d’évaluer les risques liés aux perturbations actuelles. L’Italie doit y présenter une analyse précise de sa dépendance au GNL et des mesures engagées pour stabiliser ses importations.
En parallèle, Rome examine également les capacités du Trans Adriatic Pipeline, qui transporte le gaz depuis l’Azerbaïdjan vers le sud de l’Italie. Toutefois, l’augmentation des volumes en provenance d’Algérie reste l’option la plus immédiate compte tenu des flux déjà en place.
Le gouvernement italien a récemment mobilisé 5 milliards d’euros dans un décret consacré aux factures énergétiques. À ce stade, aucune nouvelle mesure n’a été annoncée. Les autorités suivent l’évolution des marchés et poursuivent les échanges techniques avec les opérateurs afin d’adapter les volumes importés aux besoins du pays.
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Source : ObservAlgerie