Les exportations de gaz algérien vers l’Europe par gazoducs ont enregistré une progression notable en janvier 2026. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de reprise globale des importations européennes de gaz par pipeline. Les dernières données publiées permettent d’analyser en détail les volumes, les parts de marché et les évolutions par pays fournisseur.
Selon un rapport du Forum des pays exportateurs de gaz, les importations de gaz par gazoducs de l’Union européenne ont augmenté de 2 % en janvier 2026 par rapport à décembre 2025. Elles ont atteint 12,3 milliards de mètres cubes, contre 12 milliards le mois précédent.
En glissement annuel, la hausse s’élève à 3 % par rapport à janvier 2025, lorsque les volumes s’établissaient à 11,9 milliards de mètres cubes. Malgré cette progression, les importations demeurent inférieures aux niveaux observés en janvier 2023 et en janvier 2024. Sur l’ensemble de l’année 2025, les importations par gazoducs ont totalisé 142 milliards de mètres cubes, contre 157 milliards en 2024 et 273 milliards en 2021, avant le déclenchement de la guerre en Ukraine.
L’Algérie enregistre la plus forte progression mensuelle
Les approvisionnements de l’Union européenne par gazoducs proviennent principalement de la Norvège, de l’Algérie, de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de la Libye. En janvier 2026, la Norvège représente 58 % des volumes importés, tandis que l’Algérie en fournit 22 %.
L’Algérie est le seul fournisseur à avoir enregistré une hausse mensuelle significative, avec une progression de 22 % en janvier 2026. En revanche, en comparaison annuelle, les exportations algériennes affichent un léger recul, à l’instar de celles de la Libye. L’augmentation nette des importations européennes, estimée à 0,3 milliard de mètres cubes sur un an, a été soutenue principalement par les flux en provenance de la Russie et de la Norvège.
Évolution des flux par pays et points d’entrée
Les données mettent en évidence des variations selon les destinations. Les livraisons norvégiennes vers l’Irlande, l’Allemagne et les Pays-Bas ont diminué respectivement de 5 %, 4 % et 50 %. À l’inverse, les flux vers la Pologne ont progressé de 39 %, vers la France de 38 % et vers la Belgique de 5 %.
Concernant l’Afrique du Nord, les exportations algériennes ont reculé de 0,3 % vers l’Espagne et d’environ 1 % vers l’Italie. Les flux libyens vers l’Italie ont baissé de 21 %. Les livraisons russes via le gazoduc TurkStream, seul corridor opérationnel vers l’Europe, ont augmenté de 11 %, tandis que celles en provenance d’Azerbaïdjan ont progressé de 6 %.
Aucun flux net n’a été enregistré entre le Royaume-Uni et l’Union européenne en janvier 2026, contre 0,4 milliard de mètres cubes exportés vers le Royaume-Uni un an auparavant. L’Allemagne a constitué le principal point d’entrée, avec 2,8 milliards de mètres cubes.
Nouvelles orientations européennes concernant le gaz russe
Le 3 décembre 2025, la présidence du Conseil de l’Union européenne et des représentants du Parlement européen ont conclu un accord prévoyant la fin progressive des importations de gaz russe. Les importations de gaz naturel liquéfié devront cesser au 1er janvier 2027 et celles par gazoducs au 30 septembre 2027.
Fin janvier 2026, les 27 États membres ont adopté officiellement le règlement interdisant les importations russes. Les États devront présenter, d’ici le 1er mars 2026, des plans nationaux détaillant la diversification de leurs approvisionnements et les défis liés au remplacement du gaz russe. Parallèlement, les importations européennes de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis sont passées de 21 milliards de mètres cubes en 2021 à 81 milliards à la fin de 2025, soit près de quatre fois plus.
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Source : ObservAlgerie