Lors de son entrevue périodique accordée aux représentants de la presse nationale, diffusée samedi soir sur les chaînes de Télévision et de Radio nationales, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a évoqué plusieurs sujets économiques de l’actualité, notamment les projets de la ligne ferroviaire Béchar-Tindouf-Gara Djebilet, inaugurée le 1er février, et l’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet, la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, les exportations hors-hydrocarbures, le péage sur l’autoroute Est-Ouest, l’endettement extérieur.
Concernant la mine de fer de Gara Djebilet, le président de la République a insisté sur son importance stratégique au regard de sa « forte rentabilité » et de son « impact économique majeur » permettant, dans une première étape, a-t-il dit, d’économiser « 1,5 milliard de dollars actuellement alloués à l’importation de minerai de fer destiné aux complexes sidérurgiques d’Oran, de Jijel et d’Annaba, avant de passer à l’exportation et de compenser, à un stade ultérieur, une partie des recettes générées par les hydrocarbures ».
D’après les projections établies, le projet de Gara Djebilet « permettra de mettre fin définitivement à l’importation de minerai de fer dans un délai maximal de trois ans », a fait savoir le président de la République, assurant que « toutes les études menées par des bureaux d’étude spécialisés de différents pays sur ce projet ont unanimement confirmé sa faisabilité et sa rentabilité économique avérée ».
S’agissant des campagnes mettant en doute l’utilité de ce projet, le président de la République a affirmé que ces critiques « s’opposent aux conclusions unanimes des différentes études », précisant qu’elles « émanent de personnes mal intentionnées qui servent les intérêts de pays qui, eux-mêmes, reconnaissant l’importance de ce projet ».
Pour ce qui est de la ligne minière Ouest Gara Djebilet-Tindouf-Béchar, il a précisé que la ligne ferroviaire Gara Djebilet-Tindouf-Béchar « n’est que le début d’un projet national d’envergure visant à exploiter les richesses minières du pays », ajoutant qu’il s’agit des « premiers pas d’un pays émergent ».
Il s’est dit très fier de la concrétisation de cette ligne minière, « réalisée avec des capacités nationales en un temps record », ce qui prouve encore une fois que l’Algérie est un « pays d’exploits », et ce, a-t-il dit, « malgré les tentatives de remise en question du processus d’édification nationale ». La concrétisation de ce projet a démontré que « les hommes de l’Algérie sont toujours debout, en dépit de la soumission de beaucoup », a-t-il soutenu.
Cette réalisation aura également un impact positif sur la disponibilité des marchandises et sur leurs prix dans la région du Sud-Ouest, ajoute le président de la République, faisant remarquer que le prix du billet de première classe sur la ligne Tindouf-Béchar « ne dépasse pas 1700 DA, un tarif modeste comparé aux autres moyens de transport ».
La mise en exploitation de la ligne Alger-Tamanrasset prévue en 2028
Par ailleurs, le président Tebboune a précisé que le réseau national de transport ferroviaire est en cours d’extension pour atteindre l’extrême sud du pays, la mise en exploitation de la ligne Alger-Tamanrasset étant prévue en 2028, « si tout se déroule conformément au plan », tandis que le réseau atteindra Adrar « entre fin 2026 et le premier semestre 2027 ».
Pour ce qui est de la ligne minière Est reliant la mine de Bled El-Hadba au port d’Annaba, le président de la République a souligné qu’après achèvement de la ligne minière Ouest, « toutes les capacités nationales en matière de réalisation de projets ferroviaires seront mobilisées pour cette ligne », précisant que « sur un total de 450 km, il ne reste que 150 à 175 km à finaliser dans un délai d’une année ou un peu plus ». Le phosphate algérien sera chargé sur le quai minier du port d’Annaba de « la fin de l’année 2026, au terme du premier semestre 2027 », a-t-il ajouté.
Le chef de l’Etat a indiqué que le projet de la mine de plomb et de zinc d’Oued Amizour (wilaya de Béjaïa) sera lancé avant la fin du premier trimestre de l’année 2026. Il a précisé que « la prochaine phase, après le lancement de la ligne ferroviaire minière Ouest la semaine dernière, concernera la mine d’Oued Amizour, où les premiers travaux de forage débuteront fin mars prochain ». « Nous sommes désormais sur le point de lancer le projet avec l’accord des citoyennes et des citoyens, habitants de la région », a-t-il dit, soulignant que l’opération de régularisation de la situation avec les propriétaires des terrains est à sa « phase finale ».
Une « guerre est menée contre l’Algérie en matière d’exportations hors hydrocarbures »
Le président Tebboune a indiqué que l’Algérie a pu réaliser des chiffres importants en matière d’exportations hors hydrocarbures, mais que les produits nationaux faisaient face à une guerre sur les marchés extérieurs. A ce propos, il a précisé que les exportations de l’Algérie hors hydrocarbures ont atteint 5 milliards de dollars, qualifiant ce chiffre de « miracle à tous égards » comparé aux niveaux précédents qui ne dépassaient pas 1,5 milliard de dollars.
Il a ajouté qu’en dépit de cette progression, une « guerre est menée contre l’Algérie en matière d’exportations hors hydrocarbures », en faisant référence aux « pratiques déloyales » auxquelles sont confrontées les exportations algériennes de rond à béton en Europe. Cette dernière attribue à l’Algérie un quota pour chaque trimestre, quantité qui « est totalement consommée en 12 jours », alors que 85% des achats de l’Algérie proviennent d’Europe, a-t-il rappelé.
A ce propos, il a fait remarquer que l’Algérie a demandé une renégociation, mais qu’« aucun consensus européen » n’a été atteint. Dans le même sillage, il a souligné que « certains pays incitent à la haine contre l’Algérie, en croyant que nous allons succomber à ces méthodes viles ».
L’Algérie bénéficie d’un financement de la BAD dépassant 3 milliards de dollars
Concernant l’endettement extérieur, le président Tebboune a assuré que l’Algérie « n’y aura pas recours », précisant que tout financement extérieur se fera « selon une vision rationnelle et exclusivement orientée vers des projets économiques à haute rentabilité ».
Il a, à ce titre, précisé que l’Algérie bénéficie d’un financement de la Banque africaine de développement (BAD) d’une valeur dépassant 3 milliards de dollars, destiné à la réalisation du projet d’extension de la voie ferrée vers El Meniaa et Ghardaïa « avec possibilité de remboursement adapté s’étalant sur 13 ans ».
Il a, en outre, fait observer que l’Algérie peut bénéficier des services de la BAD, d’autant plus qu’elle en est l’un des membres fondateurs et l’un de ses principaux contributeurs, soulignant que les conditions de financement proposées sont « souples », la BAD étant une institution africaine créée pour soutenir le développement des Etats membres et non une entité privée.
Le président de la République a, par ailleurs, insisté sur l’exploitation de ces financements « selon une vision rationnelle, parallèlement à l’entrée des projets structurants en phase de rentabilité », ajoutant que l’Algérie « n’hypothèquera pas l’avenir de ses enfants par l’endettement et ne renoncera jamais à l’indépendance de sa décision ».
Tebboune exprime son refus d’imposer le péage sur l’autoroute Est-Ouest
Il a également exprimé son refus, à l’heure actuelle, d’imposer le péage pour l’utilisation de l’autoroute Est-Ouest, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, ajoutant que le transport inter-wilayas des produits de première nécessité s’effectue sur cet axe routier.
Le président Tebboune a souligné que l’Algérie est un « Etat social » qui autorise la liberté des affaires, mais qui « veille en même temps à la protection de la classe ouvrière, dans le cadre d’une solidarité nationale garantissant des prix à la portée des citoyens ».
En outre, le chef de l’Etat a exprimé sa conviction qu’« à la fin de l’année 2027 au plus tard, nous dépasserons les 400 milliards de dollars de PIB », soulignant que « la cadence à laquelle évolue actuellement l’économie nationale nous rend optimistes quant à la réalisation de cet objectif ».
Il a ajouté que l’Algérie « poursuit son projet national visant à se transformer en pays émergent », indiquant, dans le même temps, que la concrétisation de cet objectif nécessite « la réunion d’un ensemble de conditions, dont la révision de nos besoins et la réalisation de mégaprojets structurants, à l’instar des mines de Gara Djebilet et d’Oued Amizour et du projet de phosphate intégré ».
S’agissant de la visite prévue prochainement de la présidente du Conseil des ministres italien en Algérie, il a indiqué qu’elle permettra d’évaluer tout ce qui a été accompli en matière de relations économiques et d’examiner les moyens de les développer davantage, insistant sur la nécessité de lancer une chambre de commerce algéro-italienne.
Le président Tebboune a, par ailleurs, souligné l’importance particulière que porte l’Algérie au plan Mattei, destiné à soutenir les économies africaines, en tant que vitrine du continent, ajoutant, dans ce cadre, que le projet agricole mené par une entreprise italienne à Timimoun sur une superficie estimée à 35.000 hectares devra accueillir des stagiaires de plusieurs pays africains.
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