La question des essais nucléaires français en Algérie revient au cœur du débat institutionnel en France. Une députée de l’Assemblée nationale a saisi le gouvernement afin d’obtenir des éclaircissements sur des documents classifiés liés aux expérimentations menées dans le Sahara algérien. Au centre des interrogations : la levée du secret sur des cartes et données techniques relatives aux sites contaminés.
Le 2 mars 2026, la députée Sabrina Sebaihi, élue à l’Assemblée nationale française et membre du groupe des Écologistes, a adressé une question écrite au ministère des Armées et des Anciens combattants en France. Elle y demande la levée du secret-défense sur les cartes, relevés techniques et données classifiées relatives aux essais nucléaires effectués par la France en Algérie durant la période coloniale.
Dans sa question parlementaire, la députée, également secrétaire de l’Assemblée nationale française, souligne que ces documents incluent notamment les cartes des zones d’enfouissement de déchets nucléaires et les périmètres d’exposition aux radiations. Elle interroge le gouvernement sur les raisons du maintien du secret et sur l’éventualité d’une transmission officielle de ces informations aux autorités algériennes.
Dix-sept essais nucléaires entre 1960 et 1967
Entre 1960 et 1967, la France a réalisé 17 essais nucléaires dans le sud de l’Algérie, alors sous administration coloniale. Quatre essais atmosphériques ont été effectués à Reggane, tandis que treize essais souterrains ont eu lieu à In Ekker, dans la région du Hoggar.
FLASHBACK | Il y a 66 ans jour pour jour, la France testait sa première bombe nucléaire dans le désert algérien, près de Reggane. La mission était baptisée « Gerboise bleue ». pic.twitter.com/RXm42aBbTO
— Cerfia (@CerfiaFR) February 13, 2026
La députée rappelle que ces essais ont entraîné une contamination radioactive dont les effets persistent. Elle mentionne en particulier l’explosion dite « Béryl », survenue le 1er mai 1962 au niveau du site d’In Ekker. Ce tir souterrain n’a pas été entièrement contenu, provoquant un dégagement de matières radioactives et l’exposition de militaires français, de responsables présents sur place ainsi que de populations locales.
Déchets enfouis et absence de cartographie détaillée
Dans son texte, Sabrina Sebaihi évoque également la phase postérieure aux Accords d’Évian de 1962. Elle indique que les autorités militaires françaises ont procédé à un démantèlement partiel des installations, mais que du matériel contaminé et différents types de déchets, dont certains radioactifs, auraient été enfouis sur place.
Selon la parlementaire, aucune cartographie précise ni données techniques détaillées sur l’emplacement exact et le niveau de dangerosité de ces déchets n’auraient été transmises à l’Algérie. Elle considère que l’accès à ces informations est indispensable pour permettre des opérations de sécurisation et de réhabilitation environnementale adaptées.
Interventions internationales et demandes algériennes
La question écrite mentionne qu’en 1999, l’Algérie avait sollicité l’intervention de l’Agence internationale de l’énergie atomique afin d’évaluer la situation radiologique des anciens sites d’essais. Cette mission n’aurait pas permis de régler de manière définitive la problématique des centaines de tonnes de déchets enfouis.
La députée précise que les autorités algériennes ont engagé récemment des opérations limitées de nettoyage et de sécurisation de certains sites, tout en reconnaissant la difficulté d’éliminer totalement la contamination, notamment dans les zones affectées par des explosions souterraines. Elle demande au gouvernement français de clarifier sa position sur la levée du secret-défense et la communication des cartes et données classifiées, dans un contexte de responsabilité historique liée aux essais nucléaires réalisés en Algérie.
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Source : ObservAlgerie

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