Algérie : lancement des travaux d’aménagement de la plus grande mine de zinc et de plomb

Les travaux d’aménagement de la mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour, située dans la wilaya de Béjaïa, ont été officiellement lancés ce mardi. Cette étape marque le début concret d’un projet minier qui classe le site parmi les plus importants au monde. Les premières estimations font état de réserves exploitables significatives pour ce gisement polymétallique.

Le wali de Béjaïa, Kamel Eddine Karbouche, a procédé ce mardi 10 mars 2026 au lancement des travaux d’aménagement de l’entrée du site minier, en présence du directeur général du groupe Sonarem, Redha Belhadj. La cérémonie s’est déroulée sur le territoire des communes de Tala Hamza et Amizour, où est implanté le gisement.

Ce lancement intervient après la finalisation des procédures administratives et la levée des obstacles qui freinaient le projet. Selon les autorités locales, une étape importante a été franchie concernant l’indemnisation des propriétaires des terrains concernés par l’exploitation. Le groupe Sonarem, entreprise publique en charge des projets miniers, assure le suivi des opérations.

Caractéristiques techniques et réserves du gisement

Le professeur Malek Ould Hamou, directeur du laboratoire de génie minier et consultant, a apporté des précisions techniques sur le projet lors de son passage à l’émission « L’invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, ce mardi 10 mars 2026. Le gisement d’Oued Amizour est un minerai polymétallique composé principalement de zinc et de plomb, avec des réserves exploitables estimées à 34 millions de tonnes.

Les analyses indiquent la présence d’environ 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb dans le gisement. La teneur du minerai est évaluée aux alentours de 4 % pour le zinc et de moins de 1,5 % pour le plomb, selon le spécialiste. Ces caractéristiques nécessitent la mise en œuvre de procédés de valorisation spécifiques pour extraire efficacement les métaux.

Positionnement international et mode d’exploitation

Le gisement d’Oued Amizour se classe approximativement au douzième rang mondial, selon les données communiquées par le professeur Ould Hamou. Cette position place le projet parmi les sites miniers notables à l’échelle internationale, malgré des volumes inférieurs à certains grands gisements de fer.

L’exploitation se fera en mode souterrain, contrairement aux mines à ciel ouvert. Des blocs de minerai seront extraits puis transférés vers une usine de valorisation. Le projet est mené dans le cadre d’un partenariat entre un groupe algérien, majoritaire à 51 %, et la société australienne Terramin Australia Limited, qui détient 49 % des parts et apporte son expertise technique.

Procédés de traitement et retombées attendues

Le procédé de valorisation retenu pour le site est la flottation, une technique physico-chimique utilisée en minéralurgie. Le minerai subira d’abord une préparation mécanique avec fragmentation jusqu’à une taille inférieure à 100 microns. Des réactifs chimiques (collecteurs, déprimants, activants et régulateurs de milieu) permettent ensuite de séparer les minéraux utiles, faisant passer la teneur de 1,2 % pour le plomb à environ 60 %.

Le projet devrait générer des milliers d’emplois directs et indirects liés à l’exploitation, au traitement du minerai et à la logistique. La durée d’exploitation du gisement est estimée entre 19 et 20 ans. La production servira d’abord le marché national, avant l’exportation de l’excédent. Des mesures environnementales sont prévues, incluant la gestion des eaux et des résidus ainsi que le comblement des vides souterrains avec des résidus mélangés à du ciment pour éviter les affaissements.

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Source : ObservAlgerie

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