Le déploiement du nouveau système européen d’Entrée/Sortie (EES) suscite de vives inquiétudes dans les aéroports français. Plusieurs organisations du transport aérien alertent sur des risques de fortes perturbations à l’approche de la saison estivale 2026. Des files d’attente déjà importantes pourraient encore s’allonger dans les prochains mois.
Dans une lettre commune publiée le 11 février 2026, Airlines for Europe (A4E), Airports Council International Europe (ACI Europe) et l’Association internationale du transport aérien (IATA) ont tiré la sonnette d’alarme concernant la mise en œuvre du système EES de l’Union européenne.
Ce dispositif remplace le tampon manuel du passeport par un enregistrement biométrique obligatoire pour tous les ressortissants non européens. Les voyageurs doivent désormais fournir leurs empreintes digitales et une capture faciale lors de leur première entrée dans l’espace Schengen.
Selon ces organisations, des temps d’attente atteignant déjà deux heures ont été observés dans plusieurs infrastructures françaises, notamment aux aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Nice, ainsi qu’au terminal Eurostar.
Fin de la période « light-touch » le 10 avril 2026
La phase progressive dite « light-touch » prendra fin le 10 avril 2026. À partir de cette date, 100 % des voyageurs concernés devront être enregistrés dans le système EES. Les signataires de la lettre préviennent que sans mesures de flexibilité, les files d’attente pourraient atteindre « quatre heures ou plus » pendant les pics de trafic estival, entre juin et août 2026.
Les organisations demandent à la Commission européenne d’accorder aux États membres une marge de manœuvre pour « suspendre partiellement ou totalement » l’application du système entre juin et octobre. Elles évoquent le précédent des dérogations mises en place par certains aéroports français lors des Jeux olympiques de Paris 2024.
Selon des sources officielles citées dans le secteur, toute dérogation générale nécessiterait l’unanimité des 27 États membres de l’espace Schengen. La Commission européenne n’a pas encore répondu officiellement à cette demande.
Sous-effectif et difficultés techniques dans les aéroports français
Les gestionnaires d’aéroports attribuent les tensions actuelles à plusieurs facteurs. Ils évoquent un sous-effectif chronique, des difficultés techniques liées aux nouvelles bornes d’enregistrement biométrique et un manque d’espace pour gérer les inscriptions initiales.
EES | Frontières :
À l’approche du déploiement du système EES (10 avril), l’UAF alerte : kiosques absents, risque de files d’attente en haute saison.
Sécurité oui, engorgement non.#EES #Aéroports #UE #Aviation pic.twitter.com/w4gSUxypMb— L’Union des Aéroports Français (@uaf_aeroports) February 2, 2026
Le ministère français de l’Intérieur indique que 2 000 postes supplémentaires de policiers aux frontières ont été créés depuis 2024. Toutefois, des syndicats précisent que seule la moitié de ces postes serait effectivement pourvue et que de nombreux agents sont encore en formation sur les nouveaux équipements EES.
Les groupes représentant les voyageurs d’affaires redoutent des correspondances manquées dans les hubs parisiens, notamment à Paris-Charles-de-Gaulle. Ils évoquent un risque d’effet domino sur le réseau aérien Schengen, avec des perturbations possibles sur des itinéraires à correspondances multiples.
Recommandations aux voyageurs et solutions envisagées
Les organisations professionnelles appellent à la mise en place d’un plan de communication commun à l’échelle européenne afin d’informer les passagers sur les nouvelles procédures biométriques. Elles encouragent également le développement d’une application mobile de pré-enregistrement de l’Union européenne.
Ce dispositif permettrait aux voyageurs d’anticiper l’enregistrement biométrique et de réduire le temps de passage aux frontières. Un projet pilote de « pré-enregistrement » est prévu à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Selon les responsables du secteur, le temps de traitement pourrait être réduit à moins de deux minutes une fois le système stabilisé.
Dans l’attente d’éventuelles décisions européennes, les responsables mobilité recommandent aux entreprises et aux voyageurs de prévoir des marges supplémentaires lors des déplacements transitant par la France durant l’été 2026. Certains conseillent également d’envisager des itinéraires alternatifs via des hubs moins chargés comme Lyon ou Bordeaux, le temps que le système EES atteigne un fonctionnement régulier.
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Source : ObservAlgerie
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