Aéroport d’Alger : la multiplication des contrôles sur les passagers fait débat

Les procédures de contrôle appliquées à l’aéroport d’Alger font l’objet de critiques de la part d’un député de l’Assemblée populaire nationale. Celui-ci a publié une contribution détaillée mettant en cause la multiplication des contrôles et les méthodes de sûreté en vigueur. Le document s’appuie sur des références internationales et des données chiffrées.

Abdelouahab Yagoubi, député des Algériens de l’étranger à l’Assemblée populaire nationale (APN), a rendu publique une contribution ce vendredi 6 février 2026 sur sa page Facebook. Le texte est intitulé « Transport aérien : Sécurité, dignité des passagers et retard des pratiques » et traite des dispositifs de contrôle appliqués dans les aéroports algériens.

Dans son analyse, le député rappelle que le transport aérien mondial a concerné près de 5 milliards de passagers en 2025, pour un chiffre d’affaires global estimé à environ 1 000 milliards de dollars. Il précise que ce secteur est encadré par des normes élaborées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui compte 193 États membres, et mises en œuvre en coordination avec l’Association internationale du transport aérien (IATA), représentant plus de 300 compagnies aériennes.

Les standards internationaux de sûreté aérienne

Les normes de sûreté aérienne sont définies par l’OACI, notamment à travers l’Annexe 17 de la Convention de Chicago. Ces règles imposent aux États des obligations en matière de prévention des actes illicites et de protection des passagers. Depuis plusieurs années, l’OACI et l’IATA encouragent une approche fondée sur l’analyse du risque, connue sous l’appellation « risk-based security ».

Selon les données citées dans la contribution, cette approche privilégie l’utilisation de technologies non intrusives, comme les scanners corporels, les portiques intelligents et les systèmes automatisés. Plus de 80 % des passagers transitant par les grands hubs internationaux seraient contrôlés sans contact physique direct. Les fouilles corporelles manuelles sont réservées à des situations ciblées et représentent moins de 5 % des contrôles dans les aéroports alignés sur ces standards.

Les effets des contrôles multiples sur le parcours des voyageurs

Abdelouahab Yagoubi souligne que la répétition des contrôles a un impact direct sur les délais de traitement des passagers. Il indique qu’un scanner corporel permet de contrôler un voyageur en 2 à 3 secondes, tandis qu’une fouille manuelle peut durer entre 30 et 60 secondes. Une ligne de contrôle modernisée peut traiter entre 300 et 400 passagers par heure.

À l’inverse, les méthodes traditionnelles répétées permettent de traiter moins de 100 passagers par heure. Selon les données de l’IATA mentionnées dans le texte, chaque augmentation de 10 minutes du temps de contrôle entraîne une baisse moyenne de 15 % de la satisfaction des passagers. Ces délais ont également des conséquences sur l’organisation du travail et la charge pesant sur les agents affectés aux contrôles.

Le dispositif appliqué à l’aéroport d’Alger

Le député décrit en détail le parcours d’un passager à l’aéroport international d’Alger. Celui-ci comprend jusqu’à dix points successifs de contrôle, incluant un contrôle de sûreté à l’entrée de l’aéroport, plusieurs vérifications de documents, le passage devant la Police aux frontières, un contrôle douanier et des contrôles supplémentaires aux portes d’embarquement.

Selon Abdelouahab Yagoubi, plusieurs de ces contrôles sont de nature similaire et concernent l’ensemble des voyageurs sans distinction. Il estime que cette organisation repose sur une logique de contrôles successifs, sans adaptation effective au niveau de risque, contrairement aux recommandations de l’OACI et de l’IATA.

Des enjeux institutionnels liés à l’organisation du transport aérien

Dans sa conclusion, le député indique que les études menées sous l’égide de l’OACI montrent que la multiplication des contrôles visibles n’améliore pas de manière mesurable le niveau de sûreté. Les dispositifs reposant sur la technologie, la formation des agents et le ciblage permettraient d’identifier jusqu’à 90 % des menaces potentielles.

Abdelouahab Yagoubi appelle à une évolution des pratiques dans les aéroports algériens. Il évoque la réduction du nombre de points de contrôle, la simplification des parcours passagers et l’utilisation accrue des technologies conformes aux normes internationales. Selon lui, cette évolution relève d’un choix institutionnel lié à la gestion du transport aérien et des flux de voyageurs.

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Source : ObservAlgerie

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