L’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne, signé en 2002 et appliqué depuis 2005, encadre les relations commerciales entre les deux parties. Vingt ans après son entrée en vigueur, les autorités algériennes ont engagé une démarche officielle pour en revoir certaines dispositions.
Cet accord d’association prévoit un démantèlement tarifaire progressif afin de faciliter la circulation des biens. Il organise également la coopération économique et encourage les investissements. À l’époque de sa signature, l’économie algérienne reposait largement sur les hydrocarbures et disposait d’un tissu industriel limité.
Une évolution du tissu économique national
Le 5 octobre 2024, lors de son entrevue périodique avec des représentants des médias, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré : « L’accord avec l’Union européenne a été conclu à une époque où l’Algérie était bien différente de celle d’aujourd’hui ». Il a précisé : « à l’époque, la contribution de l’industrie au revenu national ne dépassait guère 3% et nous importions des produits agricoles sans en exporter ».
Le président Abdelmadjid Tebboune a ajouté : « En d’autres termes, l’Algérie d’alors n’avait pas de capacités d’exportation ». Il a ensuite affirmé : « la donne a changé, l’Algérie produisant et exportant désormais une grande variété de produits manufacturés, électroménagers et autres ».
Ces déclarations reflètent les transformations intervenues au sein de l’économie nationale. Plusieurs secteurs industriels se sont développés et certaines filières agricoles se sont orientées vers l’exportation. Dans ce contexte, les autorités considèrent que le cadre fixé par l’accord d’association doit être réexaminé pour tenir compte de cette évolution.
En 2024, le président de la République a ordonné une révision du texte. Il a rappelé que l’accord repose sur le principe du libre-échange et que les produits algériens doivent bénéficier des mêmes facilités d’accès au marché européen que celles accordées aux produits européens en Algérie.
La question des exportations hors hydrocarbures
L’Union européenne demeure le premier partenaire commercial de l’Algérie. Les exportations vers ce marché sont dominées par les hydrocarbures. Les exportations hors hydrocarbures restent limitées en comparaison.
Les autorités algériennes estiment que l’accord d’association devait favoriser la diversification des exportations. Elles indiquent que cet objectif n’a pas été atteint pour le marché européen. Selon elles, certaines contraintes continuent de freiner l’accès des produits algériens, y compris lorsque ces derniers répondent aux normes exigées.
Le 30 décembre 2024, Ahmed Attaf, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, a déclaré que le président de la République avait ordonné une révision « point par point » de cet accord qu’il a qualifié de « très préjudiciable à l’économie nationale ».
Les discussions portent notamment sur les conditions d’accès au marché, les règles tarifaires et l’équilibre des échanges.
Des échanges bilatéraux appelés à évoluer
Du côté européen, des responsables ont fait part de leur volonté de poursuivre le dialogue. Le 14 février, Diego Mellado, ambassadeur de la Délégation de l’Union européenne en Algérie, a indiqué que la priorité était de renforcer les échanges commerciaux et d’assurer un meilleur accès des produits algériens au marché européen. Il a également évoqué l’encouragement des investissements européens en Algérie.
Lors d’une conférence organisée le 17 février 2025 par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement et la Délégation de l’Union européenne en Algérie, Diego Mellado a déclaré qu’il était indispensable « de renforcer les relations bilatérales dans divers domaines, de développer et de faciliter les échanges commerciaux entre les deux parties, d’attirer les investissements européens en Algérie, de renforcer le transfert des technologies, d’intégrer nos économies et de développer les chaînes de valeur intégrées au mieux de l’intérêt des deux parties ».
Il a également affirmé que l’Union européenne était convaincue de « la nécessité de revisiter les relations bilatérales dans leur globalité », dans le cadre « d’une nouvelle coopération fondée sur le principe gagnant-gagnant, en adéquation avec les défis actuels et les priorités stratégiques des deux parties ».
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Source : ObservAlgerie