Aéroport d’Alger : 474 300 euros saisis sur un faux parlementaire

Une importante somme en devises a été saisie à l’aéroport d’Alger Houari-Boumédiène lors d’un contrôle de sécurité. Les agents ont découvert plusieurs centaines de milliers d’euros dissimulés dans les effets personnels d’un commerçant qui se présentait comme parlementaire. L’affaire a conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire visant plusieurs personnes soupçonnées d’infractions liées à la réglementation sur les changes et aux transferts de capitaux vers l’étranger.

Selon le journal Ennahar, les faits remontent au 7 mars 2025 à l’aéroport d’Alger Houari-Boumédiène. Ce jour-là, Belalia B.H., commerçant domicilié à Alger et ancien responsable d’une société basée aux Émirats arabes unis, devait embarquer pour Istanbul sur un vol de la compagnie Air Algérie.

Au moment de franchir le point de contrôle du terminal ouest, le portique de détection a déclenché un signal sonore. Les agents chargés de la sécurité lui ont alors demandé de retirer la veste qu’il portait et de déposer ses effets personnels dans le scanner.

Lors du contrôle des bagages à main, les agents ont remarqué plusieurs paquets inhabituels dans une sacoche et un sac. Après vérification, ils ont découvert un montant total de 474 300 euros. La somme était composée de 4 743 billets de 100 euros. Les agents ont également trouvé 1 975 livres turques.

Selon les éléments consignés dans l’enquête, l’argent était réparti en 474 paquets distincts. Chaque paquet était entouré d’un billet de 1 000 dinars algériens puis enveloppé dans du papier aluminium. Cette méthode visait à masquer l’apparence des liasses lors du passage au scanner.

Les agents ont également procédé à une vérification du véhicule du suspect stationné dans le parking de l’aéroport d’Alger. Dans la voiture, ils ont trouvé 694 500 dinars algériens en billets de 2 000 dinars ainsi que 11 765 dinars en pièces, pour un total de 706 265 dinars.

Une fausse qualité de député

Au cours des investigations, les enquêteurs ont établi que Belalia B.H. se présentait régulièrement comme parlementaire lors de ses déplacements. Il portait un costume et utilisait cette présentation pour faciliter ses passages aux contrôles.

Dans ses documents personnels, les enquêteurs ont trouvé deux cartes. La première portait la mention « membre du conseil national du mouvement national pour la communication et le développement selon le programme du président de la République ». Elle était datée du 2 novembre 2009 et comportait une mention demandant aux autorités civiles et militaires de faciliter la circulation de son détenteur.

La seconde carte indiquait qu’il était militant du Front de libération nationale. Les deux documents étaient expirés au moment de leur découverte. Lors de son audition, Belalia B.H. a déclaré qu’il conservait ces cartes parmi ses documents personnels et qu’il ne les utilisait plus.

Une enquête élargie à plusieurs suspects

L’enquête a été confiée à la brigade centrale de lutte contre les crimes économiques et financiers, relevant du service central de lutte contre la criminalité organisée.

Les investigations ont permis d’identifier plusieurs personnes susceptibles d’être impliquées dans l’affaire. Les enquêteurs évoquent notamment des commerçants basés à Alger, un bijoutier installé à Blida nommé T. Malik et un autre suspect identifié comme B. Abdellah, résidant en France.

Les enquêteurs ont également examiné le téléphone du suspect principal. Ils y ont trouvé des déclarations de devises effectuées auprès des services douaniers turcs. Selon Belalia B.H., ces documents concernent une activité commerciale réalisée pour le compte d’un certain Abdelkader, installé en France et actif dans l’importation de vêtements et de produits alimentaires depuis la Turquie.

Belalia B.H. a expliqué qu’il transportait de l’argent afin d’acheter ces marchandises en Turquie avant leur expédition vers la France. Il affirme percevoir une commission estimée à 7 % du montant total.

L’origine des fonds selon les déclarations du suspect

Lors de son audition, Belalia B.H. a indiqué que l’argent saisi à l’aéroport d’Alger provenait de ses activités commerciales menées aux Émirats arabes unis. Il affirme avoir constitué un capital d’environ 300 000 dirhams émiratis grâce à son activité dans l’importation de textile.

Selon ses déclarations, ce capital a été converti en or en 2012 pour une quantité dépassant 10 kilogrammes. Il indique que cet or a ensuite été transporté vers l’Algérie dans le cadre d’un projet d’investissement. Le suspect affirme que cet or avait été saisi à l’aéroport Houari-Boumédiène en 2012 avant d’être restitué en 2015 à la suite d’une décision de justice ordonnant sa réexportation vers les Émirats arabes unis.

Il déclare ensuite avoir récupéré l’équivalent financier de cet or, estimé à environ 300 000 euros. Selon ses explications, cette somme aurait été réintroduite en Algérie en cinq transferts distincts dont les montants variaient entre 70 000 et 134 000 euros.

Six personnes impliquées dans cette affaire doivent comparaître devant le tribunal correctionnel de Dar El Beïda. Elles sont poursuivies pour infraction à la réglementation sur les changes et les mouvements de capitaux vers l’étranger ainsi que pour blanchiment d’argent. L’audience est prévue le 5 avril.

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Source : ObservAlgerie

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