La question d’un départ à la retraite après 32 années de travail refait surface dans le débat public en Algérie. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a réagi à cette proposition portée par un député à l’Assemblée populaire nationale (APN), qui suggère d’assouplir les règles actuelles du système de retraite.
Le débat a été relancé par une proposition de loi déposée par le député Youssef Adjissa. Le texte vise à modifier la législation actuelle sur la retraite afin d’introduire une nouvelle possibilité de départ basée sur la durée de carrière. Soit après 32 ans de service, même si le travailleur n’atteint pas les 60 ans d’âge.
Une proposition parlementaire pour assouplir les règles
Concrètement, le parlementaire propose d’autoriser les travailleurs à partir à la retraite après 32 années de travail effectif, à condition d’avoir cotisé au système de sécurité sociale pendant toute cette période. Cette option viendrait s’ajouter au critère d’âge actuellement appliqué.
Aujourd’hui, la législation prévoit un départ à la retraite à 60 ans pour les hommes. Les femmes peuvent, sous certaines conditions, demander leur retraite à partir de 55 ans. La proposition vise à offrir une alternative aux travailleurs ayant commencé leur carrière très jeunes et ayant accumulé plusieurs décennies d’activité.
Les arguments avancés par le député
Dans l’exposé des motifs accompagnant son initiative, le député met en avant la situation de nombreux travailleurs ayant exercé des métiers pénibles ou ayant cumulé plus de trois décennies d’activité.
Selon lui, permettre un départ après 32 ans de cotisations répondrait à une attente d’une partie des salariés. Cette mesure pourrait aussi faciliter l’accès des jeunes au marché du travail en libérant certains postes.
Le parlementaire évoque aussi la nécessité d’adapter régulièrement le système aux évolutions économiques et sociales du pays. Il souligne aussi l’absence, depuis plusieurs années, d’une liste officielle des métiers pénibles permettant un départ anticipé.
La réponse du ministre du Travail
En réponse à la proposition du membre de l’APN en question, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saïhi, a rappelé que le retour à un mécanisme de retraite anticipée généralisée n’était pas envisagé par les autorités.
Selon lui, le système algérien doit préserver son équilibre financier. L’expérience passée du départ anticipé a entraîné une forte pression sur la Caisse nationale des retraites (CNR), ce qui a conduit l’État à modifier la loi en 2016. Le ministre souligne que la priorité reste la stabilité du système et la garantie du versement des pensions aux retraités.
Un débat relancé autour du financement du système de retraite
La proposition du député remet en lumière les défis liés au financement du système de retraite. Certains responsables évoquent l’impact de l’économie informelle, qui réduit les recettes issues des cotisations sociales.
Pour ses partisans, une réforme plus large pourrait inclure des mesures visant à élargir l’assiette de financement du système. Le texte déposé à l’APN pourrait ainsi alimenter les discussions parlementaires sur l’avenir de la retraite en Algérie et sur les marges d’évolution possibles du dispositif actuel.
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Source : ObservAlgerie