Départ à la retraite en Algérie : vers un assouplissement des règles

Un nouveau projet de modification du système de retraite a été déposé jeudi au bureau de l’Assemblée populaire nationale. La proposition émane d’un député et vise à introduire des assouplissements dans les conditions de départ à la retraite pour les travailleurs algériens. Le texte propose notamment d’ouvrir le droit à la retraite après 32 années de travail effectif, en alternative au critère d’âge actuellement en vigueur.

Le texte législatif déposé par le député Youssef Adjissa propose de modifier et compléter la loi n° 16-15 du 3 décembre 2016, elle-même modificative de la loi n° 83-12 du 2 juillet 1983 relative à la retraite. La proposition introduit deux cas principaux pour bénéficier d’une pension de retraite.

La première condition concerne l’âge : le travailleur devrait avoir atteint au minimum 60 ans. Pour les femmes, une disposition particulière est prévue, avec la possibilité d’être mise à la retraite à partir de 55 ans, sur demande de l’intéressée. La seconde condition, qui constitue la principale nouveauté, permettrait au travailleur de bénéficier de la retraite après avoir accompli une période minimale de 32 années de travail effectif, avec acquittement des cotisations de sécurité sociale.

Les justifications avancées par le député

Dans l’exposé des motifs de sa proposition, Youssef Adjissa souligne que le système de retraite constitue l’un des piliers de la protection sociale du travailleur. Il garantit, selon lui, un revenu permettant de faire face aux charges familiales et aux exigences de la vie. Le député estime que ce système nécessite une adaptation périodique aux transformations sociales, économiques et démographiques.

L’élu considère que la révision du système de retraite est devenue une nécessité face aux demandes croissantes des travailleurs. Il évoque notamment ceux qui remplissent les conditions de départ anticipé ou ceux qui justifient de 32 années de service. Il argue que l’amélioration des indicateurs financiers publics, avec une trésorerie publique en hausse et des réserves de change atteignant environ 60 milliards de dollars fin 2022, justifie cette évolution.

L’impact sur l’emploi et les conditions de travail

Le député estime que sa proposition répond aux droits d’une large catégorie de travailleurs à bénéficier d’une retraite après de longues années d’activité, en particulier ceux exerçant des métiers pénibles. Il avance également que cette mesure contribuerait à réduire le taux de chômage en libérant des postes au profit des jeunes.

Youssef Adjissa critique par ailleurs l’absence, depuis plus de sept ans, d’une liste officielle des métiers pénibles permettant un départ anticipé. Il rappelle que des commissions avaient été évoquées pour évaluer ces professions et établir une liste définitive, sans résultat concret à ce jour.

Les enjeux de financement du système de retraite

Le parlementaire attribue une partie du déficit enregistré par la caisse de retraite à l’économie parallèle, estimée à plusieurs milliards de dollars. Il souligne que ce secteur informel s’accompagne d’une absence de déclaration des travailleurs et de non-paiement des cotisations sociales. Il préconise de lutter contre ce phénomène et de renforcer les mécanismes de contrôle.

Youssef Adjissa considère que les mesures introduites par la loi n° 16-15 n’ont apporté que des solutions conjoncturelles. Il estime que le prolongement de l’âge de départ ne peut résoudre la crise du financement sans recourir à des sources supplémentaires et durables. Il juge que le problème fondamental réside dans la limitation des sources de financement de la caisse.

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Source : ObservAlgerie

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