Les cours du pétrole et du gaz ont poursuivi leur hausse mardi, au quatrième jour de la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Cette situation a entraîné l’arrêt du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial d’hydrocarbures, et menace certaines infrastructures énergétiques de la région.
Selon John Kilduff, analyste chez Again Capital, « le scénario le plus pessimiste du marché se déroule actuellement sous nos yeux ». Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, ajoute que les acteurs du marché « commencent à prendre conscience que le risque d’une escalade prolongée dans la région est très élevé ».
Mardi, le baril de Brent a dépassé 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024, avant de finir à 81,40 dollars, soit une hausse de 4,71%. Le West Texas Intermediate, équivalent américain, a clôturé à 74,56 dollars (+4,67%). Le gaz européen a également atteint brièvement plus de 65 euros le mégawattheure, un niveau qui n’avait pas été vu depuis janvier 2023.
Le détroit d’Ormuz reste bloqué, ce passage maritime permettant le transport d’environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) à l’échelle mondiale. Lundi, un responsable iranien a menacé de « brûler » tout navire tentant de traverser ce passage.
Le détroit d’Ormuz au centre des tensions
Pour les analystes d’Eurasia Group, « l’objectif de l’Iran est de maintenir le prix de l’énergie à un niveau élevé, imposant ainsi un coût politique et économique aux États-Unis et les contraignant à désamorcer la situation ». Le risque d’attaques sur les infrastructures énergétiques inquiète également les marchés.
La compagnie publique Qatarie QatarEnergy a suspendu sa production de gaz lundi, après une attaque de drones iraniens sur deux de ses sites principaux. D’autres installations pétrolières ont été touchées mardi à Oman et aux Émirats arabes unis. L’Asie est particulièrement concernée, car la Chine et l’Inde importent une grande partie de leurs hydrocarbures depuis le Golfe.
En Europe, l’approvisionnement en pétrole est plus diversifié, mais la paralysie du détroit d’Ormuz pourrait intensifier la concurrence mondiale pour le GNL disponible, selon Jonathan Schroer d’UniCredit. Kathleen Brooks, analyste chez XTB, rappelle que le marché pourrait s’inspirer de la situation de 2022, lorsque la hausse des prix de l’énergie avait alimenté l’inflation mondiale.
Pour l’instant, les prix restent loin des records de cette période : le gaz avait dépassé 300 euros par mégawattheure, avec un pic à 345 euros, tandis que le baril de pétrole avait maintenu plusieurs mois au-delà de 100 dollars. En Europe, Jess Ralston de l’Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU) estime qu’un impact sur les factures d’électricité serait limité, grâce au développement des énergies renouvelables et à la réduction de l’usage des centrales à gaz.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a convoqué mardi une réunion de ses États membres pour examiner les mesures possibles face à ces perturbations.
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