L’industrie automobile en Algérie traverse une période complexe, marquée par des obstacles structurels et opérationnels qui freinent son développement. Ce n’est pas des membres de l’opposition politique qui le disent en perspectives des prochaines échéances électorales, mais un ministre du gouvernement Ghrieb.
Si des progrès ont été réalisés ces dernières années, notamment avec l’arrivée de nouvelles marques et l’augmentation des agréments pour la fabrication de véhicules, plusieurs problèmes restent encore à résoudre, ce qui empêche une véritable relance de la production nationale. Le ministre de l’Industrie, Bachir Yahia, a fait un tour d’horizon des raisons pour lesquelles l’industrie automobile algérienne peine à décoller.
Problèmes fonciers : un obstacle majeur en Algérie
L’un des obstacles les plus importants qui freine le développement de l’industrie automobile en Algérie est le manque de foncier adéquat. Bien que plusieurs entreprises aient obtenu l’agrément pour produire des véhicules, nombreuses sont celles qui n’ont pas encore pu démarrer leur production faute de terrain. Par exemple, des marques comme Chery et Hyundai attendent toujours de résoudre cette question foncière avant de pouvoir lancer leurs projets industriels.
Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a souligné, en réponse à la question d’un député de l’APN, que « le problème de production de voitures touristiques est un problème de foncier ». Tant que cette question ne sera pas réglée, il est peu probable que l’Algérie parvienne à produire en masse des véhicules de tourisme, ce qui constitue l’un des segments les plus importants du marché.
Usines récupérées : des équipements obsolètes
Un autre frein majeur est la question des usines récupérées par l’État dans le cadre de la récupération des biens confisqués. Ces usines, qui avaient été construites dans le but de réaliser de l’assemblage, ne répondent plus aux exigences modernes de production. Les évaluations techniques menées par le ministère de l’Industrie ont révélé que ces installations nécessitaient des rénovations profondes. Selon Yahia Bachir, la réutilisation de ces usines serait possible uniquement après avoir procédé à une mise à niveau des équipements, une modernisation des lignes de production, ainsi qu’une adaptation aux normes de sécurité et de qualité internationales.
Le marché automobile algérien souffre également d’un déséquilibre flagrant entre l’offre et la demande. Malgré l’agrément de plusieurs constructeurs, le marché reste largement dominé par les importations, ce qui entraîne une dépendance excessive vis-à-vis des véhicules étrangers. En 2025, l’Algérie a importé plus de 54’000 voitures de moins de trois ans et environ 42’000 véhicules neufs. Cet afflux de véhicules étrangers met en péril les efforts de développement de l’industrie locale et ralentit la transition vers une production automobile nationale.
La politique de sous-traitance et d’intégration locale
Le ministre de l’Industrie a également insisté sur la nécessité d’intégrer davantage la sous-traitance locale dans le processus de production automobile. L’objectif est de créer un écosystème industriel local solide, capable de soutenir la production en série de véhicules, mais cela nécessite une réelle volonté de la part des acteurs privés et une mise en place de partenariats avec des entreprises étrangères spécialisées.
En somme, bien que des efforts soient réalisés pour relancer l’industrie automobile en Algérie, le pays fait face à plusieurs défis majeurs : un problème foncier crucial, des usines obsolètes, une dépendance excessive aux importations et un manque d’intégration locale dans les chaînes de production. Pour qu’une véritable industrie automobile émerge, il est nécessaire de résoudre ces problèmes, d’investir dans la modernisation des infrastructures et d’encourager une plus grande collaboration avec des partenaires internationaux.
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Source : ObservAlgerie