Endettement extérieur de l’Algérie : Tebboune révèle la vérité

Le président Abdelmadjid Tebboune a récemment abordé l’un des sujets les plus cruciaux pour l’économie algérienne : l’endettement extérieur. Lors de son intervention télévisée, il a expliqué que l’Algérie ne se tournerait vers les financements étrangers que pour des projets ayant un véritable potentiel économique, garantissant ainsi un retour sur investissement élevé.

L’objectif est clair selon le président de la République : utiliser les emprunts externes de manière réfléchie et stratégique, et non pour des projets peu rentables. En effet, l’une des annonces majeures faites par Abdelmadjid Tebboune concerne un financement de plus de 3 milliards de dollars octroyé par la Banque africaine de développement (BAD).

Cet argent servira à l’extension du réseau ferroviaire, notamment vers les régions d’El Meniaâ et Ghardaïa. Le financement est assorti de conditions de remboursement souples, avec une période de remboursement étendue sur 13 ans. Le président a souligné que l’Algérie, en tant que membre fondateur et l’un des principaux contributeurs de la BAD, profite de conditions avantageuses qui permettent de financer des projets à long terme avec des taux d’intérêt plus faibles.

Gestion des financements extérieurs

Tebboune a aussi insisté sur la gestion rigoureuse de ces financements extérieurs. Il a précisé que l’Algérie ne compromettrait pas son avenir économique avec des emprunts excessifs. Il a insisté sur la nécessité d’assurer que chaque projet financé par ces fonds entre dans une phase rentable, permettant ainsi au pays de bénéficier de réels retours économiques. L’idée est de faire en sorte que l’Algérie ne se retrouve pas prisonnière de sa dette, tout en garantissant que les investissements réalisés permettent de stimuler l’économie à long terme.

Concernant la dette publique de l’Algérie, elle a atteint 17 000 milliards de dinars en décembre 2025, selon les chiffres fournis par le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred. Ce chiffre représente une légère augmentation par rapport à 2024, où la dette publique représentait 48,1% du PIB. La Banque mondiale a cependant souligné que la hausse de la dette en 2024 était modérée, en grande partie grâce à l’utilisation des réserves issues des revenus pétroliers, permettant de limiter le recours à l’endettement.

Toutefois, la Banque mondiale a averti que si cette tendance se poursuivait, la dette publique pourrait atteindre 71,2% du PIB d’ici 2027. Cette situation aurait des conséquences sur la capacité de l’Algérie à financer ses projets à venir sans recourir à des financements extérieurs.

La dette extérieure reste faible

En ce qui concerne la dette extérieure, elle reste relativement faible par rapport à la dette intérieure. À la fin juin 2024, la dette extérieure était estimée à 854 millions de dollars, en baisse par rapport à l’année précédente. Cette dette est principalement constituée de dettes courantes, et sa part dans la dette totale du pays demeure marginale. L’Algérie a choisi de privilégier l’endettement intérieur, ce qui lui permet de conserver un contrôle total sur ses financements et de réduire les risques liés à l’endettement extérieur.

Le faible recours à l’endettement extérieur reflète la stratégie du gouvernement algérien de limiter son exposition aux créanciers étrangers. En choisissant d’emprunter principalement sur le marché intérieur, l’Algérie préserve son indépendance financière tout en bénéficiant de conditions de remboursement plus favorables. Ce choix stratégique vise à maintenir une stabilité économique à long terme, sans compromettre l’autonomie du pays.

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Source : ObservAlgerie

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