Deux chefs d’entreprise ont été reconnus coupables par la justice française pour la mort d’un travailleur algérien sur un chantier à Marseille. L’accident, survenu à l’automne 2020, a coûté la vie à ce jeune homme. Le jugement, prononcé lundi 1er décembre 2025, a entraîné des condamnations pénales et des interdictions professionnelles.
La victime, Mohamed B., était un travailleur algérien de 31 ans, en situation administrative irrégulière en France au moment des faits. Ce cas met en lumière les conditions de travail auxquelles sont exposés certains ouvriers non déclarés du secteur du bâtiment.
L’accident s’est produit le 9 octobre 2020 à La Penne-sur-Huveaune, dans les Bouches-du-Rhône. Mohamed B. effectuait des travaux sur la toiture d’un entrepôt lorsqu’il a traversé le matériau fragile et fait une chute mortelle d’environ huit mètres de hauteur.
Les manquements aux règles de sécurité
L’enquête a révélé que l’ouvrier intervenait sans équipement de protection individuel. Il ne portait ni harnais ni casque, et aucun filet de sécurité n’avait été installé sur le chantier. Aucun plan de prévention des risques n’avait été établi pour cette opération.
Aucune mesure de protection contre les matériaux dangereux, notamment l’amiante présent dans la toiture, n’avait été prise. L’ouvrier algérien n’avait fait l’objet d’une déclaration qu’au moment de l’accident, et son identité avait été incorrectement retranscrite.
Les responsables et la procédure judiciaire
Le chantier relevait initialement de la société SMPE, dirigée par Djilali H. Celui-ci avait sous-traité les travaux à la société BL 13, représentée par Brahim L., qui avait embauché Mohamed B. Les deux sociétés et leurs dirigeants ont été déférés devant le tribunal correctionnel de Marseille.
Les principaux chefs d’accusation étaient l’homicide involontaire et une série de violations du code du travail et de la réglementation sur la sécurité des chantiers. Ces violations concernaient notamment le travail dissimulé et l’absence de déclaration régulière d’embauche. Djilali H., le dirigeant de SMPE, n’était pas présent à l’audience du 18 novembre 2025.
Le verdict et les condamnations
Le tribunal correctionnel de Marseille a rendu son verdict lundi 1er décembre 2025. Brahim L., représentant légal de la société BL 13, a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis probatoire. Il a également écopé d’une amende de 11 000 euros, dont 2 000 euros ferme, et fait l’objet d’une interdiction de gérer une entreprise pendant trois ans.
Les deux personnes morales, BL 13 et SMPE, ont été reconnues coupables d’homicide involontaire et de manquements répétés aux obligations de sécurité et de déclaration du personnel. Le jugement a établi un lien de causalité entre l’absence totale de mesures de sécurité et le décès de l’ouvrier algérien.
Vous avez aimé cet article ? Ne ratez pas notre dernier article !
Source : ObservAlgerie